Dans ma nature  

Leaders Malagasy du Climat : Nanti Andriantsoavina

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« À tous les jeunes Malagasy, levez-vous et parlez »

Tout au long de ses voyages à travers Madagascar, Mialinantenaina « Nanti » Andriantsoavina, 22 ans, revoyait encore et toujours la même image – des paysages brûlés, des portions de forêts carbonisées par les feux de brousse, des rubans de fumée s’élevant au dessus des bois au loin. Mialinantenaina est une étudiante en communication curieuse et passionnée, elle a réalisé que les sensibilisations sur les pratiques destructrices des ressources naturelles au quotidien n’existaient peu ou pas. Cette prise de conscience l’a motivée à rejoindre Liberty 32, un mouvement qui cherche à renforcer les valeurs et la conscience citoyenne parmi les jeunes.

En 2015, Mialinantenaina et Liberty 32 ont mené une campagne d’éducation civique avec 3 écoles et collèges. Près de 150 jeunes collégiens ont été emmenés par l’association à l’Allée des Baobabs pour les aider à comprendre l’importance de la conservation de la nature.

Selon elle, la conservation doit commencer par une prise de conscience dès le jeune âge. « Je pense que la société manque à faire comprendre les réalités aux jeunes. Mon cœur se brise un peu plus chaque fois que je vois ces feux, ces exploitations partout. Je n’ai vue qu’une infime partie de l’île, mais déjà je sens que le travail est immense. Ces défis me tiennent particulièrement à cœur parce que les paysages et la faune de mon île sont détruits et commencent à disparaitre. »

Des changements partout

« On entend partout le changement climatique, mais sans tout le monde ne sache concrètement ce que cela veut dire. J’ai commencé à regarder partout autour de moi, je me suis  aperçue que les effets et les impacts étaient déjà plus graves que je le pensais. »

Elle a remarqué que les températures à Morondava sont à présent visiblement plus chaudes qu’auparavant et elle voit aussi des changements dans les écosystèmes. « La forêt de l’allée des baobabs a beaucoup changé depuis les quelques années où je vis à Morondava. Elle est clairsemée voire inexistante en de nombreux endroits. Et le pire  c’est que personne ne semble vraiment s’y intéresser. Alors  j’ai décidé d’agir pour changer les choses.  Je me suis dit, si personne ne veut le faire,  je devrais peut-être commencer et montrer la voie. »

Mialinantenaina est une activiste de la Société Civile à Morondava. Elle est membre du consortium des jeunes Mahery, une coalition d’organisations de jeunes de la Région Menabe.  Avec son association, elle a déjà réuni quelques représentants de diverses associations de la ville et des communautés sur les questions climatiques :« Ils ont déjà identifié de nombreux effets du changement climatique sur l’agriculture, le climat, l’élevage. C’était encourageant, et ça me pousse à travailler encore plus. »

Un Appel à l’Action

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Mialinantenaina dit que les jeunes ne doivent pas avoir peur de s’exprimer parce que le pays a besoin de leurs voix.

« À tous les jeunes Malagasy, levez-vous et parlez, faites valoir vos idées. Ensemble, nous pourrions faire avancer les choses plus rapidement. Ensemble, nous pouvons voir grand. N’attendez les autres pour agir et être des suiveurs, mais soyez le changement que tous vous voulez voir. Provoquez ce changement. Seuls on peut y arriver, mais ensemble on  va plus vite. »

« Le fait que beaucoup de jeunes Malagasy s’intéressent à cette cause est déjà une petite victoire. Pour moi, il faut d’abord adhérer les gens à la cause, puis les responsabiliser pour qu’ils puissent avoir le maximum d’impact. Le plus important c’est avoir la foi dans ce qu’on fait. »

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Commentaires


  • Ranaivomanana Hajasoa Sarah

    Bjr Mialinantenaina! Je tiens a te féliciter pour tes initiatives qui vont servir d’exemple pour nous les jeunes malgache. Il faut alerter la population car les effets de nos actions vis a vis a l’ignorance de leurs impacts sur l’environnement sont plus concrets qu’ils étaient auparavent, aujourd’hui ces impactes se voient dans différentes dimensions sans cités qu’économique, écologique, sanitaire, meteorologique…. Ainsi pour entamer un développement durable, il faut prendre en compte la dégradation de l’environnement. En tant qu’etudiante en économie developpement, j’affirme que la qualité de l’environnement tient aujourd’hui une grande place dans le développement d’une nation, l’écologie est aujourd’hui un facteur incontournable dans le développement, surtout pour un pays riche en nature comme Madagascar. Agissons tant qu’il est encore temps.
    Merci